RHIZOMES – RIZOMA

« On est devenu soi-même imperceptible et clandestin dans un voyage immobile. Plus rien ne peut se passer, ni s’être passé. Plus personne ne peut rien pour moi ni contre moi. Mes territoires sont hors de prise, et pas parce qu’ils sont imaginaires, au contraire : parce que je suis en train de les tracer. Finies les grandes ou les petites guerres. Finis les voyages, toujours à la traîne de quelque chose. Je n’ai plus aucun secret, à force d’avoir perdu le visage, forme et matière. Je ne suis plus qu’une ligne. Je suis devenu capable d’aimer, non pas d’un amour universel abstrait, mais celui que je vais choisir, et qui va me choisir, en aveugle, mon double, qui n’a pas plus de moi que moi. On s’est sauvé par amour et pour l’amour, en abandonnant l’amour et le moi. On n’est plus qu’une ligne abstraite, comme une flèche qui traverse le vide. Déterritorialisation absolue. On est devenu comme tout le monde, mais à la manière dont personne ne peut devenir comme tout le monde. On a peint le monde sur soi, et pas soi sur le monde. »

Extrait de Mille Plateaux, Trois nouvelles ou Qu’est-ce qui s’est passé ? Gilles Deleuze et Félix Guattari- Paris, Éditions de Minuit, 1980

RHIZOMES RIZOMA propose une enquête collaborative menée à la fois en Europe, à Toulouse sur les bords de la Garonne, en Belgique à Lamorteau et en Amérique Latine en Colombie (Bogota-Armenia) et au Chili (région de Magallanes et de l’Antarctique) sur la thématique de l’eau et de la mémoire. 

Julie Pichavant est une artiste, performeuse, investigatrice théâtrale qui travaille avec sa compagnie ZART depuis plusieurs années sur la question de l’extractivisme, de l’exploitation des corps et des territoires. Ces recherches dessinent une cartographie sensible au fil de l’eau, de la mer du Nord en France, en Belgique, de la Garonne à Toulouse où elle réside depuis plusieurs années, au fleuve Magdalena en Colombie, jusqu’au détroit de Magellan où s’embrassent les océans Pacifique et Atlantique. Les  rivières, les fleuves, les océans, les mers racontent notre histoire, sont les archives de l’Anthropocène, un miroir du changement climatique. De ces voyages surgissent les voix rencontrées – défenseuses- défenseurs des territoires, scientifiques, leaders sociaux- mais également celle des paysages. 

Julie Pichavant écrit, filme et réalise à la fois des oeuvres théâtrales et documentaires, avec RHIZOMES elle souhaite mettre en perspective un tissage cartographique sensible, humain depuis la ville où elle réside Toulouse et ses bords de Garonne, jusqu’à la Colombie et le fleuve Magdalena pour enfin arriver en Patagonie dans la ville de Punta Arenas.

RHIZOMES crée un lien entre les différents lieux de résidence : Toulouse – France, Lamorteau-Belgique, Bogota- Colombie, Punta Arenas- Chili, entre les artistes, scientifiques, universitaires; les oeuvres crées dans les contextes et territoires, les défis qui sont les nôtres face à l’urgence climatique. 

Qu’est ce qui relie la France, la Belgique,le Chili et la Colombie? 

Nous sommes comme un rhizome, un immense réseau souterrain-sous-marin qui se ramifie entre les Corps et les Territoires humains-non humains. 

Ce projet propose de mettre en résonance les territoires, les paysages, les habitants, nos mémoires individuelles et collectives dans une écriture performative et filmique en co-constructions avec les lieux. 

En partenariat avec l’Institut Français et la Ville de Toulouse – France

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