Memorial Parc

Memorial Parc Julie Pichavant Théâtre 2 L'Acte Festival Infant International Festival of Alternative and New Theatre Novi Sad, Serbie

Il s’agit là d’un par­cours de scènes, d’ins­tal­la­tions et de moments musi­caux, arti­cu­lés dans une sorte de laby­rin­the où sous la direc­tion d’un guide les spec­ta­teurs sont amenés à venir à la ren­contre de quel­ques figu­res emblé­ma­ti­ques d’un monde en péril, des êtres vivants, des ani­maux, des éléments – comme l’eau – et au bout de la chaîne « le roi » de la créa­tion qui est aussi, inci­de­ment, son bour­reau poten­tiel… Si le guide se permet quel­ques expli­ca­tions zoo­lo­gi­ques, il intro­duit aussi le mys­tère. On n’a pas affaire à un cata­lo­gue scien­ti­fi­que mais plutôt à une dérive dans ces zones fron­tiè­res où s‘exprime à la fois notre parenté orga­ni­que avec toutes les formes du vivant, et également notre lien spi­ri­tuel fon­da­men­tal. Comment la parole convo­que ce foi­son­ne­ment, s’y réflé­chit, et com­ment enfin la perte d’une espèce est une ampu­ta­tion de notre être propre au-delà ou en-deça du deuil qu’elle cons­ti­tue pour l’écosystème. Ainsi par exem­ple l’hiron­delle des fenê­tres, en grave dimi­nu­tion ; la sym­bo­li­que vient aus­si­tôt : le prin­temps, le voyage (et avec le voyage : l’exil, le rêve ,voire le rêve arti­fi­ciel…) sans parler des tra­ver­sées innom­bra­bles que cet oiseau a commis dans la poésie et la chan­son popu­laire… Au bout du compte émerge cette inter­ro­ga­tion : est-il encore temps de res­tau­rer ce pacte avec la « nature » qui fon­dait bien des socié­tés dites pri­mi­ti­ves et dont attes­tent notam­ment les paro­les des indiens d’Amérique du Nord ( Pieds nus sur la terre sacrée, textes ras­sem­blés par T.C. McLuhan).

En sommes-nous si loin désor­mais dans notre monde occi­den­tal gagné par le vir­tuel, que seules des catas­tro­phes écologiques majeu­res pour­raient nous obli­ger d’y faire retour ?

S’il tra­verse la célé­bra­tion poé­ti­que des ani­maux qui ris­quent de nous aban­don­ner, (de l’abeille à la baleine en pas­sant par l’anti­lope du Tibet ou le dau­phin du Yang-Tsé) sous forme de ce que la poésie clas­si­que nom­mait des « bla­sons », ce par­cours com­porte évidemment le ques­tion­ne­ment cen­tral qui dési­gne une des failles essen­tiel­les de notre situa­tion pla­né­taire, là où réside un tra­gi­que immé­diat.

Autour de textes divers, Gadenne, Alexievitch, Desbordes-Valmore, Roger Gil­bert Lecomte et autres poètes, des paro­les de pen­seurs allant de Guy Debord à Edgard Morin et des paro­les d’acteurs, se tis­sent des actions, des sons, des tra­jec­toi­res qui disent notre appar­te­nance à la nature et le danger de sa dis­so­lu­tion.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s